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Et moi et moi et moi

Anne-Marie Schoen
Et moi et moi et moi

Merci à tous ceux qui m'encouragent par mail ou par leurs commentaires.

Ce matin il y avait toute une classe de lycée section design qui visitait l'atelier : on m'a demandé si je voulais bien expliquer ce que je faisais. C'était comme dans les films, de grands jeunes gens en uniforme, les garçons en costume et les filles en jupe, certaines très mini quand même, avec de grandes chaussettes, et des petits blazers, le tout bleu marine bien sûr.

Ma pièce était presque finie. J'ai fait encore un peu de finition et de bouchage de fente à la terre papier, car, si cette terre se monte avec une facilité déconcertante, elle se fendille beaucoup au séchage.

C'est toujours bizarre le moment où une pièce est finie ; et là, c'est encore plus curieux car spontanément j'en ferais une autre mais non , le temps qu'elle sèche bien il faudra la cuire et ce sera le moment de mon départ. Je me sens donc assez flottante, je prépare des engobes pour la suite, j'hésite je reprends les petites pièces du tout début restées sous plastique. Le projet était de faire des "petites pièces de voyage" après cette grosse mais là je suis sans idée...

Au tout début . Recherches d'ìdées.
Au tout début . Recherches d'ìdées.
Au tout début . Recherches d'ìdées.
Au tout début . Recherches d'ìdées.
Au tout début . Recherches d'ìdées.
Au tout début . Recherches d'ìdées.

Au tout début . Recherches d'ìdées.

Je m'étais donné jusqu'au mardi pour commencer la grande pièce.

Je voulais faire une pièce liée à mon séjour au Japon.

Quand je dis çà en arrivant à Christine et à Beth, toutes deux me disent que ce séjour influencera mon travail à mon retour mais là, c'est trop court, je viens juste d'arriver, je découvre...

C'est vrai bien sûr. Pourtant le Japon est dans mon esprit depuis plus de deux ans : c'était avant Fukushima, je m'en souviens bien, cette catastrophe terrifiante m'a fait hésiter à poser ma candidature. En réflechissant, je me suis dit que les japonais continuaient à vivre, je me suis dit qu'il y avait quelque chose d'à la fois naïf et mesquin à rester chez soi à manger du bio en se croyant à l'abri, j'ai vu aussi que raisonnablement Shigaraki est quand même bien loin de Fukushima :

" T'as pas peur d'être irradiée ?" m'a-t-on maintes fois demandé. Et bien si, j'ai peur; mais après tout je le suis peut être déjà après Tchernobyl !

Depuis que j'ai décidé de partir je prends des cours de japonais, l'écriture surtout me fait rêver et je découvre le pays à travers des livres qu'on me prête, les gens qui y sont déjà allé et internet bien sûr; incontournable.

Il y a le voyage, la découverte de cet endroit rural niché dans la montagne où l'eau coule partout en petits ruisseaux bien drainés et le bruit constant de l`'eau qui coule dans le bassin devant ma fenêtre ce qui me relie directement au sujet de mon installation "désirs" sur laquelle je travaille pour mon exposition à Oldenburg en Allemagne fin juin, il y a le printemps que l'on sent poindre et les masques des Japonais qui les porte soit pour se protéger d'allergènes auxquels ils sont sensibles, soit pour protéger les autres quand ils sont malades, mais qui me font penser à une menace plus grave...

Il y a donc la vie, la mort, le cycle des saisons, nos vies multiples qui se succèdent et les mots Japonais, qui, je ne sais pourquoi, me semblent la clef de quelque énigme.

Je suis fascinée par exemple par l'idée que Kawa, prononcé de la même façon mais avec des kanji différents, veuille dire ruisseau, eau qui coule, ou fleuve, ou peau ou écorce...Entre yama la montagne et yuki la neige je rêve ..il faut dire aussi que je lis "Kafka sur le rivage" de Haruki Murakami, par tout petits bouts, je n'ai pas le temps de plus et ce n'est pas mal car je reste dans l'ambiance. J'avais gardé le livre pour le commencer dans l'avion et il donne de l'épaisseur à mon séjour, j' appréhende le monde autour de moi autant par ce livre que par la réalité.

Pour en revenir à mon projet, j'ai tenté de faire une montagne qui respire,une graine étrange qui germe, un animal magique japonais.

Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.
Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.
Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.
Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.
Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.
Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.
Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.

Images à faire défiler, le bâton, la pierre et la poutre ne sont pas l'illustration d'un conte japonais, ce sont les instruments qui m'ont permis de faire cesser la rotation de la tournette.

Et moi et moi et moi

Après midi, je suis retournée au temple que j'avais vu l'autre jour quand je n'avais pas d’appareil toujours dans l'idée de faire des courses au passage. Cette fois j' ai pris des photos, mais j'avais le soleil en face de moi et il y en a peu de réussies.

J'ai essayé d'y aller en vélo mais par un autre chemin que j'avais repéré du haut de la colline. Je l'ai trouvé après quelques détours et j'ai aussi trouvé un autre chemin pour rentrer, joli mais pas de magasins à part une boulangerie, pan ya san.

Dans mon cours j'ai appris que que pour donner le nom d'un magasin on rajoute ya à ce qu'on y vend, donc pan ya, boulangerie, sakana ya, poissonerie et kutsu ya, magasin de chaussure. Mais Yoshida san m'a dit l'autre jour de rajouter san : pan ya san, sakana ya san, kutsu ya san.

-" C'est plus poli ai je demandé ? "

-" Non, hésite-t-il, c'est...plus doux."

J'ai l'air d'assurer mais en réalité je suis de plus en plus " lost in translation", comme étranger il reste ici Dereck, l'américain, que je comprends mal, il faut toujours que je le fasse répéter, donc je ne le fait que quand j'ai vraiment besoin de comprendre, et Dairon une étudiante Taiwanaise qui elle parle un anglais que je comprends plutôt bien.

Je ne saisis réellement qu'un mot de temps en temps que ce soit en japonais ou en anglais quand les japonais parlent et je ne peux pas me faire comprendre de la plupart à part deux ou trois personnes qui parlent un anglais ...que je comprends très bien et inversement, mais ce sont des gens du staff que je vois très peu.

C'est très déconcertant car en dehors de ces personnes il est quasiment impossible de se faire dire un mot ou une phrase en japonais par quelqu'un, même en montrant l'objet. Cela semble toujours extrêmement compliqué.

Pour en revenir à mes courses, je ne suis pas repartie vers le centre village un peu fatiguée de toutes ces montées, et avec l'envie quand même de ne pas être trop tard à l'atelier. Il me restait quelques victuailles et j'avais mon pain américain que je suis en train de manger tartiné de philadelphia, cette dernière précision s'adressant à une personne que je connais bien et qui saura se reconnaître !

Le long du chemin, maisons typiques; de part et d'autre du pont, la route avec la station essence et les rizières, la rivière, une serre et un passage à niveau.
Le long du chemin, maisons typiques; de part et d'autre du pont, la route avec la station essence et les rizières, la rivière, une serre et un passage à niveau.
Le long du chemin, maisons typiques; de part et d'autre du pont, la route avec la station essence et les rizières, la rivière, une serre et un passage à niveau.
Le long du chemin, maisons typiques; de part et d'autre du pont, la route avec la station essence et les rizières, la rivière, une serre et un passage à niveau.
Le long du chemin, maisons typiques; de part et d'autre du pont, la route avec la station essence et les rizières, la rivière, une serre et un passage à niveau.
Le long du chemin, maisons typiques; de part et d'autre du pont, la route avec la station essence et les rizières, la rivière, une serre et un passage à niveau.

Le long du chemin, maisons typiques; de part et d'autre du pont, la route avec la station essence et les rizières, la rivière, une serre et un passage à niveau.

Et moi et moi et moi

Le temple Gyokukeiji et un très vieil arbre.

Là encore j'aurai du demander des renseignement avant, ce n'est que quand, par hasard, je croise Erica san, rien à voir avec le prénom allemand, et que je lui dit où j'étais qu'elle pense à me donner un petit plan en anglais avec les principales attractions touristiques du secteur après avoir peiné à essayer de me faire comprendre qu'il y a des onsen juste à côté du temple. Je ne les ai d'ailleurs pas trouvés sur le plan non plus, mais par contre j'ai vu le nom du temple, je suppose que j'ai du le voir en japonais aussi Là bas ! J'ai vu qu'il y a aussi là un pin noir immense, kohiyamaki, qui est classé monument national de la préfecture de Shigaraki: Il y a une chance que ce soit lui sur ma photo.

Ne me demandez pas d'explication sur le temple, il est immense avec plusieurs petites chapelles et semble comporter différents types de cimetière; je n'ai rien trouvé pour éclairer ma lanterne sur internet et ici il faudrait que je demande à une des personnes qui parlent anglais. Si j'allais poser toutes les questions que j'ai à poser j'en aurai pour une journée. Peut être bien que je vais aller voir Minori san qui est la personne qui normalement s'occupe des relations avec les résidents dans son bureau et lui poser toutes mes questions un de ces jours!

Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
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Et moi et moi et moi
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Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi
Et moi et moi et moi

Suite et fin, retour à l'atelier et grande conférence au sommet autour de ma pièce.

Je vois que les uns et les autres semblent apprécier mon travail, la pièce et les petites maquettes et cela me fait plaisir.

Après quelques discutions il est convenu que je biscuite ma pièce. En effet elle est vraiment très grande pour l'anagama et elle sera tout devant et donc sera très chaude devant là où entre le bois et pas à l'arrière. on en déduit qu'une première cuisson s'impose et de ce fait que la pose d'engobe ( porcelaine, ballclay, terre de base avec 20 à 30 pour cent de néphéline) que je prévois trouvera mieux sa place après le biscuit.

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Commentaires
L
quelle est donc "cette armée" où chacun a une bavette autour du cou ?
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S
Bravo, fascinant, félicitations et bonne suite :)
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I
pas mal ton ocarina.... ;-) non sérieux j'aime beaucoup ça donne envie d'y promener ses doigts.<br /> a ton retour je voudrais une photo de la petite bête à qui on a lancé une crêpe chaude sur la tête.....celle qui a le ventre blanc et qu'on trouve sur plein de vues, et aussi un GRAND poster des figurines à bavette pour tenter de me faire comprendre des petits enfants quand ils viennent manger...C'est chouette toutes ces couleurs et quartiers différents autour du temple. Bises à toi Marie
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